Le Pen/Mélenchon? le populisme en partage

Nous voyons sur les réseaux sociaux, sur les forums des journaux en ligne, nombre de critiques contre les positions d’Emmanuel Macron face aux populistes, de France et d’ailleurs. Pourtant, qu’observons nous depuis quelques années sinon la montée de mouvements qui n’est pas sans rappeler le climat en Europe dans les années 30.

En France.

La droite, depuis la fin des mandats de Chirac, Président qui pourtant n’a pas été à la hauteur des attentes de ses fidèles (voir son bilan), la droite donc tombe de Charybde en Scylla : après l’ère affairiste sous Sarkozy, le naufrage Fillon, la chute de la maison LR aux européennes, voila qu’ils vont se choisir un nouveau chef ce week-end, sans doute Christian Jacob… Il faut dire que le choix offert (Larrivé, Jacob, Aubert) ne laissait place qu’à des huitièmes couteaux. Alors, seule force vivante à droite, le Rassemblement (Front) National. Belle perspective populiste entre la tante Marine et la nièce Marion !

La gauche. Le PS s’étant sabordé durant le quinquennat Hollande en laissant vivre ses frondeurs, s’est tiré une première balle dans le pied avec la candidature Benoit Hamon en 2017, puis une seconde, dans le deuxième pied, avec la liste Glucksmann aux européennes ce printemps : 6,36% des voix en 2019, 6,19% en 2019. Plutôt que réfléchir à définir une vraie stratégie de conquête (comme la gauche vaincue en 1958 l’avait fait avec la création de clubs débouchant en 1965 sur la candidature Mitterrand commune de la gauche), le PS a préféré s’adonner à ses jeux préférés de petites ambitions aboutissant sur la choix d’Olivier Faure. Faure-Jacob, qu’elle combat de géants qui s’annonce ! voulant nous faire oublier des affiches comme de Gaulle-Mitterrant. A gauche donc, que reste-t-il ? Mélenchon et sa France insoumise : ses éructations contre la justice, contre la presse, contre ses opposants internes, contre tous ceux qui osent ne pas croire en l’avenir du nouveau Lider Maximo, en son projet d’importer les piètres recettes des Maduro et autres Ortega… Mélencho, Monsieur « La République c’est moi ! »

Et nous oublierons les activistes « Gilets jaunes », rassemblement de poujadistes anti-États, de violents d’extrême droite/gauche, d’antisémites… Peut-on encore éviter un duel Le Pen Mélenchon en 2022 ?

En Europe.

Nous étions presque habitués aux saillies peu démocratiques des pays issus de l’autre côté de l’ex rideau de fer. La Pologne de Jaroslaw Kaczynski, la Hongrie de Victor Orban. Et puis voila que l’an passé, l’Italie renouait avec ses anciens démons en portant au pouvoir une coalition improbable de l’extrême droite de la Ligue du nord avec les populistes du mouvement 5 étoiles. Finalement, cet été, les manœuvres de Matteo Salvini, Mussolini au petit pied, ont échouées et le pays est à nouveau gouverné par une coalition démocratique. Jusqu’à quand ? Et puis, et surtout peut-être, la plus vielle démocratie d’Europe, le Royaume Uni, qui n’en finit pas de solder les résultats d’un référendum manœuvrier sur le Brexit, s’est donné pour chef de Gouvernement un politicien sans foi ni loi, Boris Johnson. Anti européen par pure tactique, jusqu’où va-t-il entrainer son pays ? Brexit sans accord ? Fusion des Irlandes ? Séparation de l’Écosse ? Nul, pas plus que lui-même sans doute, ne le sait. Qu’elle malheur de voir sombrer le pays qui, entre 1939 et 1945 était la seule nation démocratique d’Europe !

Sur le continent d’en face, les Amériques du nord et du sud, les perspectives ne sont guère réjouissantes. Depuis maintenant trois ans le plus grand pays du monde est dirigé par le populiste en chef Donald Trump. On le savait peut travailleur, vulgaire, adepte des formules-actions à l’emporte pièce, on le découvre ces dernières semaines, à la faveur de l’enquête pour impeachment, prêt à violer la constitution de son pays, mélangeant sans vergogne ses intérêts personnels avec ceux de l’État qu’il dirige. Sauf coup de théâtre, la procédure en cours a peu de chance d’aboutir. Que nous réservera le scrutin du 3 novembre 2020 ? La Russie de Poutine sera-t-elle encore à la manœuvre ? Et ça n’est pas le Brésil de Jair Bolsonaro qui peut redorer le blason du continent sud américain.

En ce début du XXIème siècle, la mondialisation et la poussée de certains extrémismes religieux, tactiquement entretenus par des politiciens sans scrupule (Tayyip Erdoğan en Turquie, Benyamin Netanyahou en Israël) poussent en avant des mouvements bien éloigné de notre modèle démocratique occidental. Comme la conjonction des nationalismes nés du traité de Versailles avec les effets de la crise économique de 1929 avaient engendrés le fascisme italien et le nazisme allemand, débouchant sur la seconde guerre mondiale et l’holocauste.

Plaise que nous saurons nous ressaisir. Mais il n’est pas sûr que le réchauffement climatique nous réchauffera le cœur !