Disons le tout net, la tenue de ce blog devient difficile. La semaine dernière, je me suis abstenu de tout billet : certes l’actualité était propice à de nombreux développements. Mais, ayant, tout de même, un engagement militant, était-il «correct» de tirer à balles réelles sur les représentants de la gauche ? Et pourtant, ils y mettent du leur pour que nous les brocardions, les bougres ! Ce fut donc motus. S’il vous plait, madame et messieurs les candidats de la gauche dite «de gouvernement», si vous ne souhaitez pas la mort de ce pauvre Voldemort (et accessoirement la réélection du nain), organisez vos campagnes, des propositions, un but à atteindre, et foin de ces «bons mots», querelles et «petites phases»

Ces derniers jours, mes origines du far ouest ont été durement sollicitées. Mon cœur breton saigne en ce deuxième dimanche de l’avant. Avant la naissance du prophète nous dit la liturgie catholique. Avant que notre société médiatico-populiste n’étale sa honteuse indécence, plutôt. Unité de lieu, unité de temps (cette semaine), ne manque que l’unité d’action pour avoir le droit à une pièce classique que l’on aurait pu appeler «Jean-Claude et la la dinde»

« Rappelle toi, Barbara Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là »

La cité du Ponant : Brest, ville nouvellement peuplée de corbeaux
La cité du Ponant : Brest, ville nouvellement peuplée de corbeaux

Cette semaine, il a plu sur ce Brest, et ce qui s’est passé, ne m’a pas vraiment plu. Jean-Claude, retraité célibataire de 65 ans, a été décrété pervers sexuel, pédophile et que sais-je encore par une bande de harpies en folie : gentilles mamans-poules couvant leurs petits poussins de l’école maternelle Auguste Dupouy. Son tort à Jean-Claude ? Être un peu marginal, un peu irascible, atteint de légers troubles psychiatriques, mais n’ayant jamais eu d’antécédent judiciaire. Et surtout le pauvre Jean-Claude a eu l’audace inimaginable de raccompagner à l’école une petite fille qui s’était perdue en la tenant par la main. Alors c’en était trop. Lundi ces bonnes mères se transforment en femmes hystériques et poursuivent le malheureux Jean-Claude qui se trouve bloqué dans l’ascenseur de son immeuble. Bien sûr, elles préviennent la police qui, d’un regard plein de sagacité, détecte qui est le fauteur de trouble à l’ordre public et passe aussitôt les menottes au pauvre hère. Jean-Claude ne pourra jamais se justifier : il meurt terrassé d’une crise cardiaque dans le fourgon des fins limiers. La rumeur, l’hystérie collective. Les année 40, Orléans-1969, affaire Alègre… Ce phénomène est sans cesse renouvelé. Avec des facteurs objectifs favorisant son développement. Que doit-on penser de ces gouvernants qui sur-réagissent à chaque fait divers ? Le dernier exemple ne date pas d’un mois. Une adolescente Agnès est assassinée. Le meurtrier présumé, 17 ans, était sous contrôle judiciaire. Et nos gouvernant se déchaînent : Guéant (Intérieur) et Mercier (Justice) en première ligne, mais aussi réunion interministérielle à Matignon… sur un fait divers; réunion qu’André Vallini, Monsieur justice du candidat Hollande juge légitime. On croit rêver ! Étonnez-vous qu’après les Bretonnes fassent la chasse à l’homme…

Ces bonnes brestoises amatrices de spectacle de qualité. J’en veut pour preuve l’organisation hier dans la fière cité du Ponant du concours de Miss France, la dernière élue en étant originaire. Depuis plusieurs jours la presse locale s’en faisait l’écho : tout Brest vivait à l’heure de ce concours de beauté. Il paraît que Jean-Claude n’avait pu acquérir le billet d’entrée avec sa maigre retraite… Mais qui connaît miss France ? Sincèrement, sauf quand elles font le buzz en posant à poil (et encore…), qui connait leur nom ? La sortante, brestoise donc mais pudique (et puis, le climat n’incite pas vraiment à poser nue sur les plages des côtes d’Iroise), n’est jamais sortie de l’anonymat. Gageons qu’il en sera de même de la nouvelle élue : une alsacienne rousse nous dit-on. Finalement, je ne suis pas sûr que Jean-Claude aurait apprécié cette exhibition de viande empaqueté dans des maillots…

Laura Tanguy, Miss France 2008 posa nue pour se faire un nom: perdu
Laura Tanguy, Miss France 2008 posa nue pour se faire un nom: perdu

Jean-Claude est mort de la conjonction du refus du droit à la différence avec la bêtise humaine attisée par des politiciens en mal de réélection. Un dernier clin d’œil à Brassens et sa chanson «La princesse et le croque-notes». Que dirait-on aujourd’hui de ce gratteur de guitare qui ose avouer son regret de ne pas avoir succombé aux charmes de la jolie princesse de 13 ans ?