Le 29 octobre 1849, était célébré l’office mortuaire de Frédéric Chopin, décédé douze jours plus tôt. Hier soir, en souvenir, l’église de la Madeleine organisait un très beau concert avec les musiques jouées il y a 162 ans : deux préludes, la fameuse marche funèbre, une ode funèbre de Mozart et, en guise d’office, le Requiem du même Wolfgang Amadeus. Ambiance de Toussaint me direz-vous.

Tout le monde s’y met, les journaux, la radio,… Ce matin, en écoutant Europe 1, j’ai ainsi appris que, depuis 2008, nous ne pouvons plus faire ce que nous voulons des cendres de nos proches. Finies les urnes au fond d’un placard ou sur la cheminée du salon, finie la dispersion des restes de grand’mère sur les laitues du jardin. L’État, qui veille à ce que chacun fasse son deuil le mieux du monde, a décidé que les cendres devraient être désormais, soit dispersées dans un jardin du souvenir, soit enfermées dans une tombe ou dans un columbarium. Je crois rêver… De quoi se mêle-t-il l’État ? Je pense, comme tout citoyen sain de corps et d’esprit, être encore capable de décider comment je veux organiser mon deuil.

Pendant ce temps, nos dirigeants, libéraux à tout crin, annoncent qu’il nous faut moins d’État. Et, joignant le geste à la parole, les Sarko-Fillon-Copé font des coupes sombres dans des budgets aussi superflus que sont la santé, l’éducation nationale, la culture. Moins d’enseignants, moins d’infirmières, moins de police de prévention… Mais plus de règlementation à la con. Bravo le nain du 8° !

Un à qui on n’a pas demandé son avis pour sa dernière demeure c’est Kadhafi. Non, je ne verserai pas des larmes de crocodile sur la fin du dictateur, mais, tout de même, que l’armée Française participe à cet assassinat pour voir aussitôt le successeur annoncer l’«adoption de la Charia comme loi essentielle» me laisse un gout de cendre dans la bouche. Il est certain que notre Président et son Premier ministre, qui l’accueillaient à bras et tente grands ouverts en 2007, n’avaient pas une folle envie d’un procès public. Mais quel résultat ! Nous n’avions pas tort le 19 mars de fustiger la diplomatie de gribouille façon BHL.

En 2007 Nicolas Sarkozy saluait fièrement le colonel Kadhafi dans la cours de l’Élysée
En 2007 Nicolas Sarkozy saluait fièrement le colonel Kadhafi dans la cours de l’Élysée

Ambiance de Toussaint vous dis-je. Il y a trente ans, disparaissait le Grand Georges. Lui qui chantait la camarde, n’a pu, après soixante ans, l’empêcher d’avoir à son tour semé des fleurs dans les trous de son nez… Souvenir des funérailles d’antan, écoutons Georges :