Il y a des Carlos qui nous font rire... pas tous

Vous vous souvenez ? C’était il y a presque neuf ans, le 22 janvier 2011, un samedi au 20h de TF1. Un homme en colère, PDG d’une grande entreprise du CAC 40, accuse publiquement d’espionnage trois de ses cadres dirigeants. « si on n’avait pas de certitudes, nous n’en serions pas là (…) les preuves sont multiples ». Deux mois plus tard, les services de renseignements (DCRI) arrivent à la conclusion que l’ensemble de l’accusation soutenue par le direction de l’entreprise est fausse et se double d’une escroquerie financière. Le numéro 2 de l’entreprise démissionne, le PDG se contente d’un mea-culpa reconnaissant une « faute collective »…

Vous avez bien entendu reconnu l’épisode et le PDG en cause, Carlos Ghosn, à la tête du groupe Renault-Nissan. De ce jour, j’ai ressenti une profonde aversion pour ce triste personnage qui, au mépris de la présomption d’innocence, n’hésite pas à jeter en pâture ses proches collaborateurs, puis à ne pas assumer ses erreurs en laissant son adjoint jouer les fusibles. Sans tomber dans le délit de faciès, reconnaissez avec moi que du visage de ce Carlos transpire le mépris qu’il ressent pour les autres. Ce Carlos là est bien loin du fils de la psychanalyste et pédiatre Françoise Dolto, qui lui pouvait nous faire rire. Patron de choc, il a régulièrement défrayé la chronique par le montant très élevé de ses salaires (un quinzaine de millions d’€ annuel). On le savait dur en affaire, on le pensait efficace à son poste, on le devinait âpre au gain, on l’a découvert, il y a un an, magouilleur à la petite semaine pour arrondir, encore ses revenus et limiter ses dépenses, le Julot casse-croûte du monde des affaires.

Carlos Ghosn, la morgue d'un puissant
Carlos Ghosn, la morgue d’un puissant

Depuis son arrestation au japon en novembre 2018, on a apprit bien des choses sur son gout du luxe (anniversaire dans les jardins de Versailles… payé par Renault) et surtout cette faculté, semble-t-il, de toujours faire payer ses dépenses somptuaires par son employeur (Renault-Nissan), un peu « à la Fillon ».  Il est alors certain que la dureté des geôles nipponnes ont du être difficiles à supporter par ce puissant que rien ne semblait pouvoir arrêter. Il sera finalement libéré astreint à résidence contre une caution de 4,5 millions de $. Aux USA, la SEC, le régulateur boursier, accepte l’abandon de poursuites contre le versement par Carlos Ghosn d’une amende d’un million de $. Première reconnaissance de fraude. Les temps décidément sont bien durs…

Et puis, la résidence surveillée, qui n’avait pourtant rien d’un logement social, lui pesait. Alors, comme à son habitude, Carlos Ghosn n’a pas souhaité assumer les conséquences de ses actes. En 2011 il faisait démissionner son numéro 2, en 2020, ce sera la fuite, comme un escroc, un peu à la manière de son autre homonyme de prénom, Ilich Ramírez Sánchez dit Carlos, auteur d’attentats, actuellement incarcéré à la maison centrale de Poissy. Fuite au Liban, pays où il peu espérer ne pas être inquiété pénalement, Carlos Ghosn semble avoir la lâcheté dans le sang.

Espérons que les juges français qui ont à connaitre ses turpitudes aux dépends du constructeur Renault sauront avancer dans leurs dossiers pour obtenir la comparution du citoyen Carlos Ghosn devant un tribunal français.