Le ton monte, les dérapages se multiplient, la campagne s’emballe, mais pas dans le bon sens. Le candidat sortant s’énerve de plus en plus face à une situation qui semble lui échapper.
La semaine a été mauvaise pour notre candidat-candidat. Henri Gaino, son conseiller spécial, plume de ses discours, s’énerve le week-end dernier sur le plateau de France 3 Ile de France et lance «Taisez-vous !» à Jérôme Guedj, président socialiste du Conseil général de l’Essonne. Voila de la bonne démocratie. Les jours suivant, #SarkoCaSuffit comme on le surnomme sur Twitter, s’emberlificote à tout propos (sur les chiffres de l’éducation nationale, sur l’annonce du sauvetage de la malheureuse journaliste Édith Bouvier, blessée à Homs…) Bref, quand ça veut pas, ça veut pas. Alors, pour lui cette visite à Bayonne a été la cerise sur le gâteau.

Accompagnée de l’habile touriste tunisienne qui confondait sens de l’État et sens des affaires familiales, Michèle la poisse, le candidat fut chahuté dans le centre-ville de Bayonne. Le problème, est que notre valeureux président-candidat, depuis qu’il fait boucler les centres-villes lors de chacun de ses déplacements présidentiels, ne supporte plus la moindre manifestation en sa présence. Le Président demanda donc aux CRS de protéger le candidat. Et le candidat, le soir même, de haranguer ses militants avec : «Hollande a annoncé l’épuration, forcément, ça échauffe les esprits des gens de la base». Épuration, rien que cela. Bientôt il nous lancera des alertes au génocide… Et que dire de ce mépris pour la «base», lui qui, quelques jours plus tôt se disait le «candidat du peuple».

Et bien sur, une mauvaise semaine électorale, cela se traduit, inexorablement, par… des mauvais sondages. Après un début en fanfare mi-avril, cognant sec, se positionnant à droite, parfois-souvent à la droite de la droite, le président-candidat nous disait que les sondages décollaient, qu’il se rapprochait de très près de François Hollande. Avec son fidèle Patrick Buisson, il comptait voir justement cette semaine les courbes se croiser, et la sienne s’envoler vers les cimes. Patatras ! Revoici Nicolas revenu au niveau d’avant son lancement de campagne.

Après une montée avec son début de campagne, Nicolas Sarkopzy voit les intentions de vote en sa faveur revenir au niveau du 15 février (sondage Ifop-Fuducial )
Après une montée avec son début de campagne, Nicolas Sarkopzy voit les intentions de vote en sa faveur revenir au niveau du 15 février (sondage Ifop-Fuducial )

La hauteur de ton et le niveau d’agressivité de ces gens qui ne supportent pas l’idée de perdre le pouvoir étant inversement proportionnels au niveau des intentions de vote en leur faveur, nous n’avons plus qu’attendre, sereinement, leurs prochains emportements.