Depuis deux mois, l’homme de petite taille qui hante le Faubourg Saint-Honoré n’a plus que deux couplets à son refrain : les valeurs et le modèle allemand. C’était déjà cela alors qu’il n’était que président-en-perpétuelle-campagne. Cela l’est encore plus maintenant qu’il est candidat-en-campagne. Les valeurs, l’Allemagne. L’Allemagne, les valeurs…
Les valeurs. De quoi s’agit-il ? De ces valeurs gravées au fronton de notre mairie ?

Les valeurs de la République sont-elles les valeurs du président-candidat ?
Les valeurs de la République sont-elles les valeurs du président-candidat ?

Liberté – Peux-on parler de liberté quand nos procureurs de la République, tels des Courroye, semble appartenir plus à magistrature couchée qu’à la magistrature debout qu’il devraient avoir l’honneur de servir.

Égalité – Quelle égalité y a-t-il entre le propriétaire d’un fameux yacht (ayant demeure, comme votre serviteur sur les rives de l’Odet), les habitués ayant leur rond de serviette dans cette fameuse «brasserie populaire» des Champs Élysées, les bénéficiaires d’un bouclier fiscal qui devait faire revenir au galops ces nouveaux émigrés, aussi indécents que leurs ancêtres de la fin du XVIIIème siècle et les licenciés de Gandrange, à qui on avait pourtant promis une aide qui n’est jamais venue, le million de chômeurs supplémentaires entre 2007 et 2012, les autres travailleurs qui, naïfs, avaient cru qu’il suffisait de travailler plus pour gagner plus…

Fraternité – Qu’est devenue cette promesse d’une république exemplaire ? Quelle fraternité entre un Woerth, une Bettencourt et les plus de 2 millions de bénéficiaires du RSA ? Entre un Monsieur Jean en échec scolaire et à qui pourtant l’on promettait la présidence d’un établissement public financièrement juteux et les nombreux SDF à qui une sous-ministre a demandé de ne pas sortir par les grands froids de ce début février ?

Non, de valeurs, le président-candidat ne retient que le travail (comprendre alors que les chômeurs sont principalement des fainéants à qui il convient de couper les allocations), et le droit d’expulser des étrangers en plus grand nombre possible et le plus vite possible. Si, en 1948 LA France avait adopté pareille attitude à l’arrivée à Marseille d’un dénommé Pal Sarközy de Nagy-Bocsa…

Non, monsieur le président-candidat, décidément, nous ne partageons pas les mêmes valeurs !

Allemagne – Il parait que de l’autre coté du Rhin tout y est mieux. Les travailleurs plus travailleur, les socialistes moins socialiste, la TVA plus sociale, que sais-je ? L’Allemagne est donc devenue le modèle à suivre selon le président-candidat. Mais comment et jusqu’où ?

Est-il normal que dans un pays encore libre et indépendant un président en exercice, candidat à sa succession se fasse soutenir ouvertement par la Chancelière allemande ? En 1974, les soviétiques qui souhaitaient l’élection de VGE avaient eu plus de pudeur en faisant juste intervenir, discrètement l’ambassadeur d’URSS en France. Issue de la RDA, Angela n’a pas de ces tacts.

Et l’Allemagne est-elle si exemplaire ? Alors que la chancelière n’a pas de mots trop durs pour les malheureux Grecs qui s’enfoncent dans la crise. Alors qu’il n’est de solution que dans l’abandon de créances, nous apprenons que l’Allemagne, si donneuse de leçons, n’a jamais versé à la Grèce les indemnités de guerre qu’elle devaient après l’occupation de 1941 à 1945. Dette non payée, Berlin soutient que des accords internationaux ont prévu un abandon de cette créance.

Vérité hier, mensonge aujourd’hui. Pourquoi les habitant du Pirée ne bénéficiaient-ils pas des mêmes facilités que les voisins de la porte de Brandebourg ?

Alors, l’Allemagne un exemple à suivre ? Que nenni monsieur le président candidat !