En octobre 2009, les militants socialistes on voté la règle obligeant les parlementaires socialistes à quitter tout mandat exécutif local (maire, président de conseil général…) dans les trois mois suivant leur élection. Cette résolution, présentée par Arnaud Montebourg, a été approuvée à 72%, ce qui est une belle majorité. Quand il se sont portés candidat, les députés socialistes ont par ailleurs signé une lettre s’engageant à démissionner de toutes leurs responsabilités locales dans les trois mois suivant leur élection. Enfin, tous les sondages le montre, une très grande majorité des Français est contre le cumul des mandats, cette spécificité si française, qui apparaît totalement iconoclaste dans les autres démocraties occidentales. Le temps est venu, mais il y a des papys qui font de la résistance, des petits messieurs qui se sentent autorisés à ne pas respecter leur engagement, des politiciens qui préfèrent, comme le disait le général de Gaulle, « cuire leur petite soupe » Cette réforme est inscrite dans le programme de François Hollande ? Un projet de loi va bientôt (vite, vite !) être déposé en ce sens ? Qu’à cela ne tienne ! Députés-maires ils sont, députés-maires ils souhaitent le rester ! Honte !

Et que l’on ne me traite pas d’anti-parlementariste, de poujadiste. Où, en dehors de certaines dictatures, trouve-t-on pareil cumul ? Comment assumer « normalement » un mandat de maire ou de président de conseil général sans pratiquer, avec assiduité, l’absentéisme parlementaire. Oui, voilà un comportement qui engendre l’anti-parlementarisme. Et que dire des conflits d’intérêts entre un législateur et un élu local : Qu’est-ce qui prend le dessus : l’intérêt national ou l’intérêt de sa collectivité, sachant qu’ils peuvent être opposés ? A la tête de cette nouvelle croisade : François Rebsamen, maire de Dijon, sénateur, président du groupe socialiste au Sénat. Le Sénat, dont fort justement Lionel Jospin disait qu’il s’agissait d’une « anomalie de la démocratie ». Le Sénat qui fit d’ailleurs capoter la loi interdisant le cumul des mandats en 1998…

François, puisque c’est ainsi que tu te prénommes, tu me fais honte ! Tu espérais être ministre de l’intérieur. Si cela avait été, tu aurais dû quitter l’écharpe de premier magistrat bourguignon. Et si l’attachement à ton terroir local colle vraiment trop à tes souliers vernis, pas de problème : démissionne de ton mandat de sénateur et consacre-toi à 100 % à ta bonne ville de Dijon. La moutarde ne me montera plus au nez, je te l’assure. Mais, de grâce, en ces temps très difficiles pour nombre de français, ne donne plus à voir ce spectacle qui, une fois de plus, fait le lit de l’extrême droite. Et suis plutôt l’exemple de mon ami Jean-Jacques, député de Quimper, président de la commission des lois à l’Assemblée Nationale qui, sitôt élu député en juin 2007, s’est démis de son seul autre mandat de conseiller régional pour être fidèle au programme de son parti.

Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère, un non-cumulard pratiquant