Avec un jour de retard, mais mieux vaut tard que jamais, Voldemort voulait, absolument, te souhaiter un joyeux anniversaire mon petit Nicolas. Joyeux car, il faut le reconnaître, la semaine qui vient de s’écouler, n’a pas été des plus rigolote. On sentait bien que tu avais le bourdon. Le cap des 57 n’est jamais facile, j’ai connu la chose. On a les traits qui se tirent, le cheveux qui commence à grisonner, la fatigue plus présente qu’avant après une dure journée de labeur. Si encore tu avais accepté la semaine de 35 heures ! Mais non, te croyant toujours jeune, tu en fais trop. Tu en fais toujours trop…

Donc, le week-end dernier, tu sentais l’échéance. Le moral dans les chaussettes, juste au-dessus des talonnettes. Un petit coup de blues. Tu dis que tout part en vrille, que tu vas perdre ton joli travail. Au chômage, comme près de trois millions de français. Tu vas tout abandonner. Avec Carlita. Si au moins elle ne t’abandonne pas, elle que tu avais séduite avec ton pouvoir…

Et puis, un malheur ne venant jamais seul, François, ton adversaire, à qui tout sourit. Un meeting du tonnerre au Bourget, des sondages toujours insolents, une bonne émission jeudi face à ce pauvre Juppé, toujours droit dans ses bottes… Je repense à ce discours de Lionel Jospin aux université d’été de La Rochelle en août 1997, en plein état de grâce post dissolution «Affronter le réel pour changer… Partir des faits pour les transformer… Être réaliste, certes, mais d’un réalisme de gauche...» N’est-ce pas proche de ce que nous propose François Hollande ? Et n’est-ce pas ce qu’attendent nos concitoyens ?

Alors, Nicolas, tu as décidé de réagir. Et, une fois encore, tu en fais trop. Tu décides de parler au Français. Pourquoi pas ? Mais tu mobilises six chaines de télévision. Brejnev n’aurait pas fait mieux ! As-tu à ce point perdu le sens des réalités ? Et que vas-tu leur dire à ces français qui te rejettent ? A moins de trois mois de la fin de ton mandat, en pleine campagne électorale, tu veux réformer les textes régissant le financement de la protection sociale avec une TVA «sociale». Mais es-tu bien sûr Nicolas d’avoir encore mandat pour pareille réforme qui, en tout état de cause, ne sera applicable que par le vainqueur du prochain scrutin ?

Et puis, dernier coup de Com, tu te confies à des journaliste en disant regretter certaines décisions de ton début de quinquennat : la nuit du Fouquet’s (mais c’est pas de ta faute, c’était un choix de Cécilia), la nomination de Jean à la présidence de l’Epad (tu n’avais pas, tu n’as toujours pas compris pourquoi ce népotisme a choqué), la promotion fulgurante de Rachida Dati (c’est pas grave, dis-tu puisque tu l’as finalement virée)… Non, Nicolas, tu n’as pas changé. Tu es toujours ce petit autocrate, autoritaire et méprisant, incapable de tenir compte des avis d’autrui.

Temps de crise oblige, nous n’avons pu acheter qu’un petit gâteau avec une seule bougie. Un, comme un quinquennat unique ?
Temps de crise oblige, nous n’avons pu acheter qu’un petit gâteau avec une seule bougie. Un, comme un quinquennat unique ?

Mais c’est ton anniversaire, Nicolas. Voldemort, comme une majorité de Français, a décidé de te faire un très beau cadeau, quelque chose que nous même ne pouvons plus nous offrir : la retraite à 57 ans !