Et maintenant, le changement : quelle histoire

«Enfin, les difficultés commencent» pour reprendre la phrase que l’on prête à Léon Blum lors de la victoire du front populaire en mai 1936 (1). Vainqueur, comme annoncé depuis plus d’un an, François Hollande va être investi dans les prochains jour Président de la République. Finie la parenthèse Sarkozy, le Diable boiteux du XXIème siècle, qui, à force de transgressions des codes de la vie politique, laisse à son successeur une France profondément abimée, cassée, déchirée. Cet état, ajouté à une crise économique et financière forte, laisse au nouvel élu des marges de manœuvre étroites. Le score, que nous aurions espéré plus large, est suffisamment net toutefois (presque identique à celui de François Mitterrand en mai 1981) pour donner une totale légitimité à l’équipe qui va se mettre en place. Il va falloir maintenant lui donner tous les moyens de gouverner, c’est à dire une majorité à l’Assemblée nationale. La droite, profondément divisée, incapable de promouvoir une politique homogène (les tendances frontistes de la «Droite populaire» s’opposant au «virage social» prôné par Borloo) va faire campagne sur les pleins pouvoirs à ne pas donner aux socialistes. Que n’avaient-ils pareils scrupules quand ils cumulaient en 1995, en 2002 ? Jamais encore, le peuple ne s’est déjugé en un mois (1981, 1988, 2002, 2007). Faisons-lui confiance. Le nouveau (la nouvelle ?) Premier ministre doit pour ce faire rassembler toute la gauche. Il est certain que pour cela, Martine Aubry a quelques capacités.

Les Français sont très changeants. Très vite, ils vont se déclarer déçus. Alors, en attendant que les effets des réformes économiques ne se fassent sentir (ce qui prendra évidemment un certain temps), c’est sur la morale que le nouveau président doit, immédiatement, mettre sa pâte :

  • Finie l’exhibition de la vie privée (François Hollande doit demander fissa à son fils Thomas de ne plus reproduire ses mises en avant comme hier soir à la télévision. Ne remplaçons pas les «Bonnes chances mon papa» d’un Louis par les coups de fil d’un Thomas)
  • Finies les nominations par copinages
  • Finies les magouilles et les protections contre les curiosités légitimes des juges

Les mesures symboliques peuvent être rapides, les comportements vite exemplaires. C’est sur ce premier terrain que les Français t’attendent François. Ne les déçois pas !

François Hollande, 9ème Président de la Vème République : le retour de la morale en politique

François Hollande, 9ème Président de la Vème République : le retour de la morale en politique

PS : Votant en Bretagne, Voldemort n’a pu participer à la grande fête de la Bastille. Il a du se contenter de la petite fête de Quimper :

 

(1) La phrase aurait en fait été prononcée le 10 mai 1936 (date prémonitoire) par Alexandre Bracke-Desrousseaux, député de Lille

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